Les dénominations de tour "wisigothique" ou "sarrazine" relèvent de la légende. Dans l'ancien temps, on appelait ainsi les très anciens monuments dont on ignorait la date de construction.
Par contre, on retrouve le nom de "Tour Royale" dans des documents du XVIème siècle.
En 1295, la seigneurie de Gallargues fut rattachée aux domaines du roi Philippe le Bel, qui, suite à la croisade contre les Albigeois, voulait renforcer sa mainmise sur le Langued'oc.
Par ailleurs, la technique de construction est identique aux fortifications d'Aigues-Mortes, qui datent également de la fin du XIIIème siècle. L'appareillage est fourré, bloqué de béton entre deux parement à bossage.
Du château féodal qui était accolé à la face Ouest de la tour subsistent quelques éléments conservés dans les bâtiments voisins, et l'on remarquera à l'entrée de l'impasse du Vent le pied-droit mouluré d'une grande porte, un contrefort et la base d'une échauguette plus récente. Le puits situé devant la tour est contemporain de sa construction. Profond de 33 mètres, il assurait l'approvisionnement en eau des habitants du château.
Les premières fortifications, de forme circulaire, n'englobaient que le sommet de la colline. Leur tracé suit les rues du Petit Paris (déformation du terme occitan "bari" = fortification) et de la Planète.
Les seconds remparts du village sont plus récents. Ils furent bâtis vers la fin du XIVème siècle, pendant la guerre de Cent Ans. Chaque bourg se dotait de puissantes enceintes pour se défendre des hordes de mercenaires qui pillaient tout sur leur passage. Du haut de sa colline Gallargues disposait d'une position stratégique de choix, le long d'un important réseau de communication, aux portes de la petite Camargue.
Ces fortifications sont visibles à travers les vieilles rues du village. On retrouve d'anciennes tours de guet dans les façades de maisons plus modernes rue du Temple Vieux et derrière la Poste, où subsiste encore une meurtrière protégeant l'accès à une porte.
Durant les dernières guerres de religion, le château de Gallargues, où s'étaient retranchés plus de 800 hommes des troupes du Duc de Rohan, fut assiégé par une troupe de plusieurs centaines de cavaliers et fantassins, aux ordres du Duc de Montmorency.
Des feux allumés depuis la plateforme de la Tour Royale permirent à la garnison de communiquer avec des renforts massés dans les carrières de Mus.
Hélas, par le concours de circonstances troubles (trahison, négociations parallèles avec l'ennemi ...), ordre fut donné de ne pas réagir. Le 11 octobre 1628, le village fut attaqué à coups de canons, ce qui permit aux assiégeants de s'infiltrer et d'incendier le village. Le château dut capituler. 63 combattants furent pendus pour l'exemple à Montpellier. La plupart étaient originaires des Cévennes. Les autres défenseurs, plus de 400, furent envoyés aux galères. Les habitants, dont le village était en cendre, furent encore contraints de verser une forte rançon.
Les éléments ruinés du vieux castel servirent de carrières aux villageois, qui achevèrent de le raser.
Les pierres servirent à construire un nouveau château pour le marquis de Rochemaure vers le milieu du XVIIIème siècle. La terrasse supérieure de la tour fut supprimée et aménagée en pigeonnier. Le reste de celle-ci ne servait plus alors que de latrines.
En 1792, en pleine Révolution, le château moderne est pillé et incendié. La tour "Royale" est vendue comme "bien national" à un maître maçon de Gallargues, qui souhaite en récupérer les matériaux. Le château est rasé pour bâtir à la place le temple protestant qui sera inauguré au début du XIXème siècle.
La Tour aurait été détruite si elle n'avait été achetée par l'Armée en 1832. On installa au sommet un télégraphe optique dit "Chappe". La station relais de Gallargues fonctionna jusqu'en 1853, avec l'arrivée du télégraphe électrique.
En 1885, Brun Baïle, philanthrope gallarguois, décide de faire construire au sommet de la tour un monument en l'honneur de Victor Hugo, dont il admire les convictions. Il fait ériger l'actuelle tourelle au sommet de la plateforme. L'ensemble supportait une girouette à la gloire de l'écrivain. Le vent eut raison du monument dont les éléments de céramique venaient s'écraser sur les toitures voisines (mécontents, les voisins achevèrent de détruire ce qui restait).
Classé Monument Historique, la Tour Royale a été restaurée et fit l'objet d'une campagne de fouilles en 1987. Une rue médiévale pavée fut dégagée le long du temple. De nombreuses poteries furent découvertes dans le puits et sont actuellement visibles au Musée Communal.
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VISITE
A l'origine, l'accès à la grande salle voûtée du Rez de chaussée (plein cintre) se faisait par la porte de la façade Nord. A son franchissement, on peut observer un mur imposant épais de 1,70 m. A l'intérieur de la salle du rez de chaussée, on remarque une succession de plusieurs niveaux de sols et de planchers plusieurs fois modifiés.
La tour n'était pas un lieu de vie et il n'y eut jamais d'occupation humaine permanente dans la plupart des pièces. On ne voit pas de meurtrière et seule la terrasse supérieure était crénelée. Le bâtiment, haut de 30 m. , situé au sommet de la colline permettait à des guetteurs de voir loin et de communiquer éventuellement par signaux avec l'extérieur.
La maison située à gauche de la Tour Royale est contemporaine de sa construction (Fin XIIIème siècle) et constitue l'une des plus vieilles habitations du village. On pense qu'elle servit un certain temps de logement pour les gardes en poste à la tour.
Mais les progrès technologiques et l'invention du canon rendirent vite inutiles de telles constructions qui résistaient mal à la force des boulets de canons, malgré l'épaisseur des murs.
La tour fut alors utilisée dès le XVIIIème siècle comme latrines, et même de pigeonnier par les habitants du château de M. de Rochemaure.
Des fouilles archéologiques ont été réalisées jusqu'aux fondations sans retrouver la trace des légendaires passages souterrains.
Un escalier raide et étroit permet d'accéder au 1er étage. C'est dans cette salle supérieure qur l'on peut observer les seules traces d'occupation humaine permanente. De nombreux graffitis sont inscrits sur les murs de la pièce. La plupart des symboles représentent des calvaires à trois croix schématisés.
Au XVIIIème siècle, lors de grandes transformations, la salle de l'étage est séparée en deux par un plancher de bois.
Cette nouvelle pièce permit à l'armée de construire en 1832 un télégraphe dit "Chappe" qui permettait de transmettre rapidement des messages optiques aux relais suivants (Bernis et Lunel Viel). Les stationnaires manipulaient les bras de l'appareil depuis la pièce du second. Des trous pratiqués dans les murs et encore visibles de nos jours permettaient d'observer à la longue vue les relais voisins. On remarque sur les parois dégradées le reste de dessins représentant des mappemondes terrestres. Elles sont contemporaines de la période d'utilisation du télégraphe mais leur dégradation empêche d'en définir l'utilité exacte.
En grimpant à la plate-forme supérieure, située à 16 m. du sol on peut alors admirer un magnifique panorama de la région sur 360°. Au sommet de la tourelle, M. Brun Baïle, philanthrope et mécène gallarguois, décida en 1885 d'y construire une girouette en l'honneur de l'écrivain philosophe Victor Hugo.
Par temps clair, vous pouvez voir au sud une vaste plaine de vignes et plus loin la Tour de Constance et les remparts d'Aigues Mortes. A l'horizon, on peut distinguer la ligne bleue scintillante de la Méditerranée ainsi que les grands immeubles de la Gande Motte (25 km) et la côte du Grau du Roi.
Au sud-ouest, derrière la tour de Lunel, on peut voir les reflets du lac de Mauguio, la chaîne de collines de la Gardiole et la montagne de Sète. Par très beau temps, on distingue parfois au loin le massif du Canigou, distant de plus de 300 km.
A l'ouest derrière la sineuse bande verte du Vidourle se trouve la colline de l'oppidum gaulois d'Ambrussum (3 km)
Plus au nord, s'étend la vaste plaine des garrigues jusqu'à Montpellier. Puis le superbe sommet rocailleux du Pic Saint Loup (il forme une dent ...) et plus loin le plateau du Larzac.
Au 3ème plan, on trouve les contreforts des Cévennes avec les massifs de l'Aigoual et du Mont Lozère.
Enfin, en poursuivant le cercle vers l'est, se dessine la vallée de la Vaunage, délimitée par les contreforts des collines de Calvisson et les plateaux de la garrigue de Nîmes. En face, la colline de Nages et son oppidum sur la crête. Puis la ville de Vauvert, et derrière les Alpilles.
La tour médiévale mesure 14 mètres, la tourelle 5 m et s'élève de 80 mètres au dessus du niveau de la mer.
Pour visiter le village et ses monuments :
Le vendredi et le samedi après midi
entre 15 h et 18h.
Pour les groupes il est nécessaire de se
renseigner au numéro suivant :
Communauté de Communes Rhony Vistre Vidourle 06 15 65 32 04 |